Bonjour! Je me présente, je crois que nous ne nous connaissons pas. Je m'appelle Cristenne, je suis une danseuse à l'opéra de Paris. Enfin je suis; disons que j'étais. Si vous êtes venus ici dans le but d'une belle histoire, vous pouvez sauter celle-ci et lire la suivante, car elle ne répond pas à ce critère.
Je suis entrée dès toute petite à l'opéra de Paris, je devais avoir sept ans, peut être un peu moins, je ne sais plus trop. J'étais jeune, je ne savais pas ce que je faisais réellement, mais je savais une chose. Plus que tout, je voulais danser! Presque tout de suite après mon entrée dans cette prestigieuse école, j'ai commencé à me démarquer des autres, j'étais au dessus d'elles. J'étais plus gracieuse, plus belle, plus souple, j'avais cette petite chose qui me collait à la peau qui faisait que je dansais bien. Dès ce moment j'ai su que je serais une grande danseuse et que j'étais née pour ça.
J'ai passé la plupart de mon adolescence dans cette école. Oh bien sûr, étant meilleure que les autres, j'étais la préférée de mes professeurs. Ils étaient tous très fiers de moi. Ils n'arrêtaient pas de me répéter que je ferais de grande chose, de grands ballets, que mon nom serait connu de tous dans le domaine de la danse. Bref, j'étais promise à une grande carrière et aux feux de la rampe.
Seulement voilà. Sans me vanter, je peux dire que j'étais de loin très belle. J'avais une silhouette grande, fine, musclée mais pas trop, de long cheveux bruns qui ondulaient, le teint légèrement mate. J'avais tous les garçons de Paris à mes pieds. J'étais belle, riche, je dansais mieux que les autres, que pouvais-je demander de plus?
J'avais extrêmement confiance en moi, peut être trop, et c'est ce qui m'a mener à ce que je suis aujourd'hui. Sans m'en rendre compte, j'étais devenue prétentieuse et je snobais même mes meilleures amies. Très vite, elles se sont détachées de moi, quelle importance? M'étais-je dis alors. J'ai toujours mon fan club de garçon. Et c'était vrai, du moins, je le croyais vrai. En fait, j'ai appris plus tard que eux non plus ne m'aimaient pas. Ce n'était pas moi qu'ils se disputaient à longueur de temps, c'était mon corps. Comment aurais-je pu le savoir? J'étais trop prétentieuse pour penser une chose pareil de ma petite personne.
Aussi, bien vite, je me suis retrouvée seule; trop seule! Je me suis alors raccrochée à la chose qui me restait; la danse! Je me suis mise à danser, à faire tous les castings qui me passaient sous la main, les réussissant casiment tous. De cette manière, j'ai pu graver les échellons plus vite que prévu, et je me disais que finalement, ne plus avoir d'amis étaient la meilleure chose qui me soit arriver. Comment ais-je pu être aussi stupide? Quand j'y repense, je me rend compte de toutes mes erreurs. Je les regrette bien sûr! Pourquoi faire? Puisqu'il est trop tard!
Vous vous demandez sûrement pourquoi je vous dis tout ça; vous avez hâte de savoir ce qui m'est arrivé. Bien sûr! Vous êtes comme tous les autres, vous aimez entendre les potins... Vous vous fichez bien du malheur des autres, vous vous dites que vous avez déjà assez de problèmes. Bien sûr, et vous avez raison. Pourquoi pleurer le sort de quelqu'un qui vous est totalement inconnu? Tout le monde s'en fou de toute manière. Et moi aussi! Je me fiche de savoir votre vie, je ne vous connais pas, vous non plus. Nous sommes quitte.
Voilà, j'étais à une représentation pour un ballet prestigieux, vous le connaissez sûrement. Une représentation du lac des signes. Bien sûr, j'étais la danseuse principale du ballet. J'étais heureuse ce soir là! J'étais belle, j'avais une carrière en or, j'étais riche, les hommes me désiraient. Je ne demandais rien de plus.
Et puis il y a eut cet accident. Je devais faire un grand jetté. Je suis mal retombée sur ma pointe. Je suis tombée. Les ambulanciers sont venus me chercher. J'avais mal, je n'arrivais plus à marcher. Ils m'ont amené à l'hôpital. Le docteur m'a osculté. Le lendemain, il m'annonçait que jamais plus je ne pourrais danser. Et là, ça a été le choc. Je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu avec un langage incompréhensible. En gros, que mon tendon était gravement atteint, depuis longtemps, et que ça avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Qu'ils allaient me mettre une tige dans le pied, mais que jamais plus je ne marcherai comme avant. J'étais condamné à boitter... à vie! J'ai hurlé de rage, hurlé de tristesse. Comment pouvaient ils m'enlever la seule chose qu'il me restait?
Bien évidemment personne, je dis bien personne n'est venu me voir à l'hôpital. Qui se préoccupait de ma santé? Mes parents? Je ne leur avait pas parlé depuis deux ans. Mes amis? Lesquels? Ceux d'il y a cinq ans? Mon petit ami? Je n'en ai jamais vraiment eu... J'étais seule, et sans rien.
Dès que la presse le sut, je fis les gros titre dans tous les journaux:
"La danseuse vedette du lac des signes prend son pied!"
"Une de tombée, une place libérée"
"Une carrière ruinée à cause d'un faux pas"
Vous l'avez compris, j'étais la risée des journaux, de tout le monde en fait. Mes camarades de l'opéra étaient ravis, une place c'était libéré, de la concurrence en moins. Les journaux avaient pu crier leur scandale. Ma chute semblait ravir tout le monde.
C'est à ce moment que j'ai compris toutes les erreurs que j'avais commises. La plus grosse était d'avoir cru que je pourrais danser toute ma vie.
Aujourd'hui, je suis à la NPE, je cherche désespéremment du travail. Je suis tantôt caissière, tantôt secrétaire, enfin secrétaire, disons que je porte une mini jupe et que je fais du café et des photocopies. J'ai une vie misérable. Et je n'ai toujours pas de mec. Qui voudrait d'une fille qui boite? J'avais bien sur pensé à mannequin, mais comment défiler étant donné mon état? Ainsi, vous l'aurez compris, ma vie est un cauchemar. Alors surtout, n'ayez jamais la prétention de vous croire plus fort que tout, parce que ce n'est pas vrai! On a toujours besoin de quelqu'un auprès de soi. Alors ne faite jamais la même erreur que moi, gardez vos amis près de vous.
Je ne vous demande pas de pleurer sur mon sort, juste d'en prendre conscience, savoir que c'est possible. Je vous remercie si vous m'avez écouté jusque là, moi, je ne l'aurais pas fait à votre place. C'est sur ces mots que je prends congé de vous. J'ai rendez vous avec la grande faucheuse. Vous la connaissez? Elle m'est devenue très proche depuis quelque temps. de toute façon, à qui pourrais-je manquer? N'essayez pas de me retenir jeunes cons! Essayer plutôt de vivre votre vie au lieu d'essayer de me sauver d'une mort inutile. Sur ce, je dois vraiment vous laissez.
Une semaine plus tard, à l'enterrement de Cristenne, tous ses amis étaient là ainsi que toute sa famille. Ils ne l'avaient pas oubliés, ils attendaient simplement des nouvelles de Cristenne, un mot d'excuse, simplement ça...
bon, je sais pas si cette histoire vous a plus. tout d'abord, je tiens à préciser que je l'ai inventer de toute pièce, il n'y a aucune biographie là dedans. Je voulais essayer de faire une histoire avec une héroine froide pour voir comment ça rendrait. Voilà, j'espère qu'elle vous a plus mon histoire! Bisous!
triste mais belle histoire. Bon début de semaine
hello! tres cool cette histoire! j'ai deja lu un livre qui racontait un peu ce genre de truc, sur une danseuse qui se casse la jambe et tout, c'est vraiment sympa en tout cas! mais c'est "l'ANPE" et pas "la NPE".
Bonjour! Je suis nouvelle dans la communauté et je viens d'inviter pour que tu visites mon blog. Je suis auteur et éditrice de mes oeuvres dont tu pourras aussi entendre un extrait.
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