- Hey Patrick, tu viens jouer aux pirates avec moi ? Moi je serais le capitaine Sponge, et toi mon fidèle lieutenant ! Cria Bob l’Eponge en courant vers son ami Patrick, une étoile de mer à l’air maussade.
- Oh non pas aujourd’hui Bob, je n’ai pas envie, je préfère rester ici.
Bob l’Eponge se frotta la tête, jamais il n’avait vu son ami Patrick refuser une partie de piraterie, cela ne lui ressemblait pas.
- Que ce passe t-il, questionna la petite éponge en quête de réponse, jamais encore tu ne m’avais refusé une partie de piraterie ?
Patrick se posa sur le rocher juste à coté de lui. Il se mit la tête dans les mains, comme pour cacher quelques éventuelles larmes.
- Il se passe que mon petit poisson que j’avais gagné à la fête foraine, tu t’en souviens, Puchi, et bien il est mort.
Bob, étonné par cette nouvelle foudroyante, posa de suite son épée en bois et essaya tant bien que mal de consoler son ami :
- Mais, tu sais, ce n’est une si mauvaise chose, Puchi était malade, il est sûrement mieux là où il est ! Tu devrais être content pour lui !
Patrick renifla péniblement, puis il reprit :
- Oui Bob, tu as sûrement raison, mais je n’arrive pas à l’oublier, je suis si triste.
- Je sais, déclara Bob l’Eponge, on va aller te trouver un nouveau petit poisson, qu’en penses-tu ?
Ravie de cette idée que venait d’avoir son ami, le visage de Patrick s’illumina. Deux minutes plus tard, ils étaient en quête d’un petit nouveau poisson, Bob l’Eponge était déguisé en capitaine Sponge et Patrick en son fidèle lieutenant.
Alors qu’ils marchaient d’un pas des plus silencieux, Capitaine Sponge aperçut un petit poisson turquoise qui nageait non loin de là, il fit signe de la main à son lieutenant :
- Lieutenant Patrick, j’en ai repéré un !
Lieutenant Patrick accourut aussitôt ; examina le poisson puis déclara :
- C’est parfait capitaine !
Ils s’avancèrent alors du poisson par derrière afin de ne pas être vu. Ils n’étaient plus qu’à un mètre ; lorsque Lieutenant Patrick trébucha sur un caillou et tomba à la renverse sur le sol. Le petit poisson, prit de panique, prit la fuite au large.
- Sa ne fait rien, déclara mollement Lieutenant Patrick, de toute façon il ne me plaisait pas !
Ils continuèrent alors leur route en direction d’un autre petit poisson. Au bout de quinze minutes, Lieutenant Patrick déclara :
- Par ici Capitaine, j’en ai trouvé un ! C’est un poisson clown !
Le Capitaine Sponge accourut aussitôt et fit taire son ami qui beuglait d’envie face à ce poisson.
- Ni pense même pas malheureux, répliqua le Capitaine Sponge, il s’agit de Némo, le prince des océans, il se bat contre des requins et rien ne lui fait peur, nous ne sommes pas de taille, continuons notre chemin !
- Mais, mais… Ce n’est qu’un petit poisson clown, déclara fébrilement le Lieutenant Patrick.
- Lieutenant, cria le Capitaine Sponge, j’ai dit non !
Lieutenant Patrick renonça alors à son petit poisson clown a contre cœur et suivit son ami. Soudain, le Capitaine Sponge déclara d’une voix enjouée :
- Mais je sais ! Pas besoin d’attraper un poisson ! On peut directement aller en acheter un à la boutique!
Le visage de Lieutenant Patrick s’illumina de nouveau :
- Oh, Capitaine Sponge, vous êtes un génie, le magasin qui vend des poissons de compagnie, il fallait y penser !
Ils se rendirent alors au magasin, mais celui-ci était fermé.
- Mince, déclara Capitaine Sponge, il est fermé !
- Bon, ce n’est pas grave après tout, lâcha Lieutenant Patrick, on se sera bien amusé quand même, même si j’aurais voulu avoir un poisson de compagnie !
Et, sur ces mots, Patrick enleva son déguisement de pirate et s’en alla, l’air abattu ! Mais Bob l’Eponge n’avait pas dit son dernier mot et il comptait bien trouver un petit poisson pour son ami Patrick.
Il creusa alors au fond de sa mémoire, mais rien ne lui survint. Puis, il eut un flash; la fête foraine ! Là où Patrick avait gagné Puchi. Voilà une mission digne d’un vrai pirate, pensa Bob l’Eponge avant de courir au manège où l’on pouvait gagner les poissons !
Il y arriva épuisé, demanda à jouer, prit une canne à pêche et se concentra énergiquement. Il s’agissait d’attraper trois petits canards en un seul coup et pour cela le joueur n’avait que trois essais. Bob l’Eponge n’avait pas le droit à l’erreur.
Le premier coup, il ne réussit à prendre que deux canards. Le deuxième coup, il n’attrapa qu’un seul canard. Il désespéra, pensant que jamais il ne réussirait à avoir de poisson pour Patrick. Mais le troisième coup, il réussi et empocha un beau poisson !
Il courut alors aussi vite qu’il pu, le poisson dans ses bras, enfin, il arriva sur le perron de son ami ; il frappa. Rien. Il réessaya, sans plus de succès. Il se risqua :
- Patrick, c’est moi, Bob !
Aucune réponse ne lui parvint, mais la petite éponge ne s’avouait pas vaincue pour autant :
- Patrick, j’ai un poisson !
En un dixième de seconde, la porte s’ouvrit. Surprit de cette agréable surprise, Patrick ne su quoi dire à son ami si ce n’est « Merci Bob ! ».
- Oh, de rien, après tout je suis le Capitaine Sponge, rien ne me résiste.
- Merci infiniment, je sais, je vais l’appeler Pouchi, ça change de l’ancien non ?
Bob l’Eponge rigola :
- Si tu le dis Patrick !

Et voilà, me revoilà à ce balcon. Qu’est ce que j’attends au juste ? Je ne sais pas, je ne sais plus, j’ai oublié à force de t’attendre. Toi. C’est tout simplement toi que j’attends. Mais à quoi bon, puisque je sais que tu ne viendras jamais plus me chercher ? Je le sais, je l’ai ressentis. Quand tu m’as dit que tu allais l’épouser, même si tes mots me disaient que tu n’aimerais jamais que moi, tes yeux, eux, me disaient que tu étais désolé, mais que cela était sûrement mieux comme ça et qu’il fallait mieux tourner la page. C’est facile pour toi, de tourner la page, pour toi, les filles ne sont qu’une source de plaisir, même si je sentais cette fois qu’il y avait quelque chose de différent dans tes gestes quand nous étions ensemble. Mais c’est fini, c’est bien fini, et tu m’as sûrement déjà oublié. Je t’imagine dans ses bras, tu dois lui dire que tu l’aimes, qu’elle est belle, comme lorsqu’on était ensemble. Des mots, toujours les mêmes. En réalité, je sais bien moi pourquoi tu l’as épousé, pourquoi tu as cédé à ses avances plutôt qu’aux miennes. Elle est riche, voilà tout. C’est sa fortune que tu veux épouser, pas elle. C’est triste, je trouve, de préférer une vie avec de l’argent plutôt qu’une vie avec de l’amour. Ensemble, l’on aurait fondé une belle et grande famille, tu le savais, mais tu as choisi. Toi, tu préférais l’argent, et me garder en maîtresse quand ta femme ne voudra pas que tu lui fasse l’amour. Mais moi, je te l’ai dit, je ne veux pas de second rôle, ce n’est pas ça l’amour. Mais tu n’as jamais compris cette différence. Alors pourquoi ? Pourquoi je t’aime malgré tout cela ? Pourquoi je t’attends, sagement, sur ce balcon ? Pourquoi ? Je voudrais t’oublier mais je n’y arrive pas. Maman m’avait dit, de ne pas me prendre d’amour pour un jeune fougueux comme toi, mais j’ai été trop naïve pour croire que tu me choisirais envers et contre tout. Papa a décidé de me marier. Alors, je m’imagine que pendant la cérémonie, tu viendras m’enlever sur ton beau cheval blanc en disant : « Elle est ma femme, je l’aime » mais il faut que je me fasse une raison ; Tu m’as oublié ! Pourtant, une partie de moi t’attend. Un jour, tu te réveilleras auprès de ta femme et tu te diras : « mince, qu’est elle devenue ? ». Alors tu viendras à ce balcon où nous nous sommes vu pour la première fois, tu demanderas mon nom, mais au lieu de ma fine silhouette ; tu verras un homme, mon mari. Tu apprendras alors que j’ai des enfants et tu pleureras, regrettant de m’avoir laissé, te disant : « mais je l’aimais moi ». Tu penseras que je t’ai moi aussi oublié, et tu rentreras chez toi. De tout ceci, nous n’en retiendront qu’une chose ; ce n’était qu’une simple aventure entre deux jeunes amants…
« - Ne monte pas l’escalier Aymeric, je te l’interdit ! C’est un endroit uniquement réservé à Maman !
- Maman, qu’est ce qu’il y a là-haut ?
- Des choses que ne doivent pas voir un petit garçon. Là-haut, c’est l’enfer ! Et si tu y vas alors que tu n’y es pas invité, Maman aura de gros problèmes. C’est ça que tu veux ?
- Non Maman.
- Alors sois sage et reste en bas mon chéri !
- Oui Maman ! »
A chaque fois, c’était toujours la même chose, dès que je m’approchais trop près de « l’escalier ». Pourtant, plus Maman insistait pour ne pas que j’y monte, plus ma curiosité était éveillé. Qui y avait là haut pour que Maman ne veuille pas m’y laisser monter ? Je m’imaginais des tas de choses dans mes rêves. Que Maman était une justicière de sang froid qui combattait les méchants et que là haut c’était sa base secrète qu’elle m’interdisait d’entrer pour me protéger. Ou bien alors qu’elle était une sorcière et qu’elle concoctait des potions magiques et que je ne devais pas y aller de peur que je ne renverse une potion dangereuse. Je m’imaginais pleins de choses !
J’étais petit, je n’avais alors que six ans, Maman était partit, et la nourrice, qui avait reçu pour ordre de ne pas me laisser monter, c’était endormie. Je jouais au ballon, mais en le lançant trop fort, celui-ci avait atterrit au pied de l’escalier. La tentation alors trop grande, je laissais mon ballon, montais les marches une à une, le souffle haletant, redoutant ce qui allait apparaître à mes yeux à l’instant où j’aurais atteint le seuil de la porte que j’apercevais alors, restée entrouverte ! Je continuais ma progression, lentement mais sûrement. Il ne me restait plus que trois marches. Deux. Une. Je pus déjà apercevoir par la porte une faible lumière, je me penchais et vu l’ombre d’une forme humaine sur le mur passer à toute vitesse. Impossible, il n’y avait personne là-haut, je l’aurais su, c’était impossible. Je tendis la main pour ouvrir malgré tout la porte en grand, je voulais avoir le cœur net de ce que je venais de voir. Je posai la main sur la poignée quand une voix me prit de cour :
- Que fais tu là mon garçon ? Je croyais que ta Maman t’avait interdit de venir ici !
Et hop, en une fraction de seconde, j’étais retourné en bas, descendu par la nourrice. A ce moment précis, j’entendis la porte de là haut se claquer, j’aurais juré que c’était quelqu’un qui l’avait fermé, il y avait quelqu’un là-haut, j’en vais maintenant le cœur net. Quelqu’un où quelque chose !
Le soir quand Maman fut rentré, je m’étais fait drôlement grondé, elle n’est pas très compréhensive, Maman. Je lui avais alors dit que j’avais entraperçut une ombre là-haut, et à ce moment là, je l’ai vu explosé en sanglot, sans comprendre pourquoi. Elle avait peur de la personne qui était là-haut Maman ?
Le soir même, Maman était venu m’embrasser, plus de fois qu’à l’ordinaire, et elle me répétait qu’elle m’aimait. Elle était bizarre. Le lendemain, on l’avait retrouvé morte, « d’une crise cardiaque » disaient les médecins, mais moi, je suis sûr que c’est la chose qui est en haut qui la tué, mais c’était quoi, au juste, cette ombre ? Peut-être l’ais je seulement inventé, je suis fou ? Maman, je suis fou ?

" Amour, je viens t’apprendre une nouvelle qui n’est pas anodine. Je suis enceinte. Amour, je crois que cet enfant est le tient. Je suis tellement triste à l’idée que tu ne puisses pas le voir. Jamais tu ne le verras courir dans les champs de blés, jamais tu ne le verras courir après les filles, jamais tu ne lui apprendras à jouer au foot comme tous les autres petits garçons, jamais tu ne l’emmèneras à la pêche… Jamais, c’est un mot tellement triste ; et je pleure pour toi, pour nous, pour lui. Amour, j’aimerais que tu saches que le moment venu, je lui dirai tout, à notre bébé. Je lui dirais qui était son père, un homme merveilleux, celui de ma vie. Je lui dirais combien tu as pleuré juste avant de me laisser. Je lui dirais combien tu m’aimais, Amour. Je lui dirais comment l’on s’est rencontrés, toi et moi. Tu te souviens ? C’était un soir de Janvier, le ciel était gris, les oiseaux ne chantaient plus depuis déjà bien longtemps, je venais de finir de plier le linge et j’allais rentrer pour préparer le repas ; quand tu es apparut. Tu as demandé l’hospitalité pour la nuit, mais finalement, tu n’es jamais repartit ! Que j’ai pu aimer ces murs en ta présence mon Amour, je les aimais. Aujourd’hui, il me paraisse froid et ne me parle plus que de toi. Est-ce mal Amour ? De ne vivre que dans le passé ? Depuis que tu as passé cette porte pour la dernière fois, le temps s’est comme figé ici, je vois les jours passer sans animation, tu me manques, Amour… Mais pour autant je ne peux me résoudre à quitter cette maison, c’est toute ma vie, Amour… Je veux que notre enfant soit le plus heureux possible, même sans père, Amour, donne moi la force d’y parvenir. Je sais que de la où tu es, tu me surveilles ; tu me protèges, tu m’aimes. Tu nous aimes. Je crois que c’est un garçon Amour. Comme tu voulais. Je lui donnerais le nom de son père, pour qu’il devienne comme toi ! Je ne vis que pour lui, Amour, cet enfant est la seule chose qui me retienne à la vie… Comment a-t-on pu en arriver là ? Je dois te laisser Amour, j’entends la cloche du bourg sonner, la nuit va tomber. Tu me manques Amour. Je t’aime. Ton épouse."